Les médias sociaux et l’art de la guerre
By Herve KablaQui a dit que les médias sociaux n'étaient utiles qu'en temps de paix? On se souvient que lors de la dernière intervention de l'armée israélienne à Gaza il y a quelques mois, les services de presse militaires avaient largement exploité les médias sociaux pour expliquer le bien-fondé des opérations menées: mise en place d'une chaîne dédiée sur YouTube, un compte Twitter qui fournit un détail des diverses interventions (civiles ou militaires, comme à Haiti), et même un blog, qui fournit le détail du fil d'actualité (accrochages, visites officielles, salons, etc.).

En matière de médias sociaux, l'armée israélienne fait cependant figure de pionnière. Rares sont, en effet, les organisations militaires des différents pays ayant adopté une démarche aussi ouverte et prégnante sur les médias sociaux. Ce n'est certes pas par manque de moyens. En France, par exemple, le site du ministère de la défense s'avère être une mine d'informations pour tout ce qui touche à la défense nationale: toutes les armes sont logées à la même enseigne, et des contenus audiovisuels riches sont proposés. Hélas, ils ne sont pas mis en valeur là où la majorité des contenus se trouvent aujourd'hui: ne vous attendez-pas à trouver une chaîne YouTube ou une page sur Facebook: l'art de la guerre est un sujet trop sérieux pour le confier à des civils.
Aux Etats-Unis, la démarche n'est pas la même. Le fameux DoD (Department of Defense) dispose non seulement de sa page de fans sur Facebook (plus 21000 fans à ce jour), mais aussi de son propre Twitter, d'une galerie Flickr, de sa chaîne sur YouTube et même d'une chaîne sur Ustream (idéal pour faire ses pompes à plusieurs).

Ce panorama n'est certes pas exhaustif, et demanderait certainement une étude plus complète sur le sujet (chiche?). Mais il démontre deux attitudes, deux cultures, de la communication au sein d'organisations militaires: l'une cherche à occuper le terrain de la manière la plus visible et la plus pertinente, l'autre cherche plutôt à se dissimuler afin d'éviter de prendre des coups. Laquelle des deux est la plus pertinente? Difficile de juger. Si les médias sociaux s'avèrent de remarquables outils de propagandes, ils sont à double tranchant, comme vient de l'illustrer le cas du soldat israélien qui a publié sur son profil Facebook un statut donnant des informations sur les prochaines opérations…
Enfin, l'utilisation des médias sociaux au sein d'organisations militaires ne se limite pas à la communication externe, mais peut aussi largement influencer les Intranet. C'est d'ailleurs le cas au sein de groupes industriels militaires, et nous espérons bien proposer, lors d'une prochaine conférence Media Aces, le témoignage de l'équipe qui a lancé il y a quelques années un projet innovant de ce type chez Nexter.


Herve says:
March 8th, 2010 at 9:25 pm
A lire sur le même sujet: http://www.insidefacebook.com/2010/03/08/war-veterans-gather-talk-seek-help-on-facebook/
Nassera says:
April 29th, 2010 at 3:04 pm
Bonjour Hervé,
Je te conseille peut-être la lecture du livre de mon frère: L'art de la guerre en réseaux (1999-2009) aux éditions Harmattan sortie début avril 2010.
Nassera Metmati.